Martin
Barré
Né à Nantes en 1924, Martin Barré s’installe à Paris au début des années 1950 et commence à exposer au milieu de la décennie. Dès 1954, il abandonne progressivement la figuration au profit d’une abstraction singulière, qui ne relève ni de l’abstraction lyrique ni de la géométrie.
Dans les années 1950 et 1960, Barré réduit progressivement la peinture à quelques éléments essentiels : la ligne, le blanc de la toile et l’espace qui les sépare. En 1960, son travail autour de la ligne atteint une forme radicale avec des œuvres comme 60-T-45, un polyptyque de quatre toiles peintes directement au tube, où la ligne se prolonge d’un panneau à l’autre. En 1961 apparaissent les célèbres peintures dites « au lasso ».
À partir de 1963, puis surtout en 1967, Barré introduit la bombe aérosol dans sa pratique et développe les séries des « Zèbres » et des peintures au pochoir. Cette utilisation précoce de l’aérosol constitue l’un des aspects les plus novateurs de son œuvre. Dans les années 1970, il poursuit ses recherches autour du recouvrement, du blanc et de la grille, avant de revenir dans les années 1980 à des compositions plus géométriques et colorées.
Son œuvre bénéficie très tôt d’une reconnaissance américaine : plusieurs peintures sont acquises par des musées américains dès la seconde moitié des années 1950, alors que sa première acquisition par une collection publique française intervient seulement une dizaine d’années plus tard.
Barré fait l’objet d’une première rétrospective importante à Nantes, Tourcoing et Nice en 1989. En 1993, l’année de sa disparition à Paris, le Jeu de Paume lui consacre une exposition aux années 1980. Son œuvre est aujourd’hui conservée notamment au Centre Pompidou, qui possède une vingtaine de ses œuvres, ainsi que dans plusieurs grandes collections internationales. Une importante rétrospective est organisée au MAMCO Genève en 2019–2020 puis au Centre Pompidou en 2020–2021.

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