Vera
Pagava
Vera Pagava (1907–1988), née à Tbilissi dans une famille issue de l’intelligentsia géorgienne, reçoit sa première formation à l’Académie des beaux-arts de Tbilissi avant de s’installer définitivement à Paris en 1928.
Elle y traverse les mutations esthétiques de l’entre-deux-guerres et de l’après-guerre en affirmant une position singulière : ni rattachée à une orthodoxie géométrique, ni séduite par l’expressionnisme lyrique dominant des années 1950, Pagava élabore une abstraction construite fondée sur la stabilité du plan et la permanence des rapports structurels. Sa participation régulière au Salon des Réalités Nouvelles dès le début des années 1950 atteste son inscription dans le cercle des artistes engagés dans la défense d’une peinture non figurative exigeante, où l’architecture interne prime sur l’effet. Dans ses œuvres, la surface est pensée comme un champ de tensions équilibrées : horizontales stabilisatrices, verticales structurantes, formes géométrisées ouvertes, jamais closes, articulées autour d’axes invisibles qui organisent la respiration de l’espace.
Le dessin, central dans son processus : études proportionnelles, recherches d’axes, partitions linéaires témoignent d’une pensée constructive précise, où chaque forme est pesée dans son rapport au tout. Cette constance formelle explique la cohérence d’un parcours indépendant des effets de mode et éclaire sa place spécifique au sein de l’École de Paris.
Des œuvres de Vera Pagava sont conservées dans les collections du Centre Pompidou, confirmant une reconnaissance institutionnelle établie.

.png)

