Serge
Poliakoff
Né en 1900 à Moscou, Serge Poliakoff installé à Paris dans les années 1920, s'intègre progressivement aux milieux artistiques tout en développant un parcours largement autodidacte, marqué par une réflexion constante sur les fondements mêmes de la peinture. Son œuvre se construit lentement, en dehors de toute recherche d’effet ou de spontanéité expressive.
Après des phases figuratives et post-cubistes dans les années 1930 et 1940, Poliakoff engage à la fin des années 1940 un tournant décisif vers l’abstraction. Il renonce définitivement à toute référence au réel pour élaborer une peinture fondée sur l’articulation de plans chromatiques imbriqués. Ces formes, volontairement irrégulières, ne relèvent ni de la géométrie stricte ni du geste libre, mais d’un système d’équilibres internes où la composition se construit par tensions et ajustements successifs.
La couleur chez Poliakoff constitue le principe structurant de l’œuvre. Elle n’est jamais décorative ni expressive au sens lyrique, mais pensée comme une masse dotée d’un poids visuel, d’une densité et d’une profondeur propres. Chaque champ chromatique existe par sa relation aux autres, dans une organisation close, sans centre ni perspective illusionniste. La surface picturale devient un espace autonome, entièrement gouverné par la nécessité interne de la composition.
À partir de la fin des années 1950, l’œuvre de Serge Poliakoff est reconnue comme l’une des contributions majeures à l’abstraction européenne d’après-guerre. Elle entre alors dans les collections de plusieurs institutions, notamment au Centre Pompidou, au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris et la Tate à Londres.
"Malevitch m’a démontré le rôle capital de la vibration de la matière. Même s’il n’y a pas de couleur, un tableau où la matière vibre reste vivant." - Serge Poliakoff
Une rétrospective exceptionnelle lui est dédiée en 2007 à l'Espace Paul Riquet de Béziers.

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